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Ce pays d’Asie centrale qui révolutionne les droits des femmes

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découvrez l'état des droits des femmes en asie centrale, les défis qu'elles rencontrent et les avancées vers l'égalité et l'émancipation féminine dans la région.

EN BREF

  • Progrès législatif : L’Ouzbékistan gagne 51 places dans l’indice mondial de l’égalité de genre.
  • Classement bancaire : Classé 48e sur 190 pour son cadre juridique lié aux femmes, avec un score de 82,1/100.
  • Éducation : 54 % des effectifs de l’enseignement supérieur sont des femmes.
  • Accès à l’entrepreneuriat : 380 000 femmes ont obtenu des prêts pour créer des entreprises.
  • Économie formelle : Efforts pour intégrer les femmes dans des secteurs professionnels diversifiés.
  • Violences basées sur le genre : Augmentation des cas, mais des mesures de protection sont mises en place.
  • Sensibilisation : Initiatives pour engager les hommes comme alliés des droits des femmes.

L’Ouzbékistan a connu une transformation remarquable en matière de droit des femmes, faisant un bond significatif dans l’indice mondial de l’égalité de genre et de la gouvernance, passant du 103e au 52e rang. Cette avancée repose sur une large refonte législative intégrant des principes d’égalité dans la Constitution et de nombreuses lois. Le pays a également atteint le 48e rang au classement mondial de la Banque mondiale, avec un cadre juridique fort qui favorise la mobilité, la rémunération et les droits de propriété. Les femmes représentent 54 % des étudiants dans l’enseignement supérieur et 38 % des sièges à la Chambre législative. L’entrepreneuriat féminin est en plein essor, avec des aides financières significatives et des initiatives pour l’emploi formel. Cependant, des défis persistent, notamment en matière de violences de genre et de normes sociales néfastes, nécessitant un engagement des hommes en tant qu’alliés pour atteindre une égalité durable.

L’Ouzbékistan se distingue aujourd’hui comme un modèle pour les droits des femmes en Asie centrale. Grâce à une série de réformes et d’initiatives innovantes, le pays a enregistré des progrès significatifs dans le cadre légal et social, favorisant ainsi l’égalité des genres. Cet article explore les différentes facettes de cette révolution, allant de la législation à l’éducation, en passant par l’entrepreneuriat et la lutte contre la violence à l’égard des femmes.

Un cadre légal propice à l’égalité

Dans le cadre d’une réforme législative ambitieuse, l’Ouzbékistan a franchi un cap décisif en matière d’égalité des genres. Le pays a gagné 51 places dans l’indice mondial de l’égalité de genre, passant du 103e au 52e rang. Cette avancée remarquable est le fruit de l’inscription de dispositions claires en faveur de l’égalité dans la Constitution, la stratégie nationale de développement et plus de 110 textes de loi.

Le rapport « Women, Business and the Law 2026 » de la Banque mondiale place également l’Ouzbékistan au 48e rang parmi 190 économies, attestant de ses efforts dans l’élaboration d’un cadre juridique favorable. Avec un score de 82,1 sur 100, le pays dépasse largement la moyenne mondiale de 67. Cela est particulièrement frappant dans les domaines de la mobilité, de la famille, de la rémunération, de la garde d’enfants et des droits de propriété, où la note maximale a été atteinte.

Participation politique croissante des femmes

Le paysage politique ouzbek évolue grâce à l’augmentation de la représentation des femmes. Suite aux élections législatives de 2024, les femmes occupent désormais 38 % des sièges à la Chambre législative, 27 % au Sénat et 32,5 % dans les assemblées locales. Ces chiffres sont révélateurs d’un changement progressif vers une représentation équilibrée et d’une volonté politique d’incorporer les voix féminines dans les processus de décision.

Des exemples inspirants

Des figures comme Muqaddas Sodikova, une entrepreneuse mère de quatre enfants d’Andijan, incarnent cet esprit d’initiative. Après des années d’études à domicile, elle a saisi les opportunités offertes par le gouvernement pour se former et a ensuite réussi à lancer une entreprise prospère. Son parcours exemplaire, qui a été soutenu par le PNUD, illustre la capacité des femmes à surmonter les obstacles et à contribuer à l’économie nationale.

Accès élargi à l’éducation et compétences numériques

Un autre pilier fondamental de la révolution des droits des femmes en Ouzbékistan est l’éducation. Actuellement, les femmes représentent 54 % des effectifs de l’enseignement supérieur, ce qui représente plus de 904 000 étudiantes en 2026. Le gouvernement a également pris des initiatives pour faciliter l’accès à l’éducation pour les femmes issues de milieux à faible revenu, doublant le nombre de places en licence financées par l’État.

Éducation numérique et intelligence artificielle

L’Ouzbékistan se distingue également dans le domaine de l’éducation numérique. Selon une analyse de Coursera, il est le seul pays où les femmes constituent la majorité des inscriptions aux formations en intelligence artificielle générative, atteignant 58,9 %. Ce fait témoignage d’un engagement clair en faveur de l’éducation des femmes dans des domaines technologiques en pleine expansion.

Essor de l’entrepreneuriat féminin

L’entrepreneuriat féminin est en plein essor en Ouzbékistan. Plus de 380 000 femmes ont obtenu des prêts pour un montant total de 1,52 milliard d’euros pour créer leurs entreprises. Cela fait partie d’une stratégie globale permettant à environ 2,3 millions de femmes d’accéder à des opportunités génératrices de revenus grâce à des programmes de microcrédit, de mentorat et de formation.

Des institutions telles que la BRB Bank ont joué un rôle crucial dans ce domaine. La responsable du département, Zulfiya Saburova, souligne que plus de 11 000 entreprises dirigées par des femmes ont reçu un financement, s’élevant à environ 29,34 millions d’euros. Ces crédits sont octroyés à des conditions avantageuses, offrant des durées de remboursement allant jusqu’à sept ans.

Des succès à l’international

Certains projets ont même franchi les frontières, comme celui de Nargiza Bekmuratova, fondatrice d’Artatex LLC, spécialisée dans le textile. Aujourd’hui, son entreprise exporte vers plusieurs pays, générant des recettes annuelles significatives et illustrant la réussite de l’entrepreneuriat féminin en Ouzbékistan.

Une intégration dans des secteurs d’emplois variés

La transition vers le travail formel est également une priorité. Selon des initiatives récentes, environ 60 % des femmes travaillant en Ouzbékistan occupent des emplois dans l’économie informelle. Des programmes visent à faciliter leur intégration dans des emplois formels, leur offrant ainsi des droits liés aux retraites et à l’assurance maladie.

Évolution des mentalités dans le milieu professionnel

Des progrès notables se font également dans des secteurs traditionnellement réservés aux hommes. Ainsi, Uzbekhydroenergo, l’opérateur national de l’hydroélectricité, compte désormais 381 femmes parmi ses 1 435 employés, dont 40 sont à des postes de direction. À Samarcande, la formation des conductrices de tramway fait également figure d’illustration de la façon dont les femmes accèdent à des rôles avant-gardistes, améliorant les services d’une manière qui bénéficie à l’ensemble de la société.

Lutte contre les violences basées sur le genre

Malgré les avancées considérables, l’Ouzbékistan doit encore faire face à des défis profonds, notamment ceux liés à la violence à l’égard des femmes. Les statistiques officielles ont révélé une augmentation alarmante des cas de harcèlement et de violence, un problème qui nécessite une attention urgente.

Accès aux services de protection

Le pays a mis en place des mécanismes de protection pour les femmes victimes de violence. Elles peuvent désormais obtenir des ordonnances de protection en moins de 24 heures et accéder à des refuges ainsi qu’à une assistance juridique. De plus, des mesures peuvent être appliquées à l’encontre des auteurs, allant de la réhabilitation à des sanctions administratives.

Une société en pleine transformation

Les avancées en matière de droits des femmes en Ouzbékistan sont incontestables, mais une transformation sociétale plus large est nécessaire pour garantir une égalité de genre durable. La représentante résidente du PNUD, Akiko Fujii, souligne l’importance de l’implication des hommes comme alliés dans cette lutte pour l’égalité, que ce soit au sein des foyers, des lieux de travail ou des communautés.

Campagnes de sensibilisation

Des campagnes, telles que les « 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre », visent à sensibiliser la population et à faire évoluer les normes sociales qui entretiennent les violences. En parallèle, des programmes de renforcement des capacités communautaires sont déployés pour consolider les mécanismes de protection et d’accompagnement des femmes.

Conclusion sur une révolution en marche

Alors que l’Ouzbékistan continue de progresser dans la revendication des droits des femmes, il s’agit d’un exemple inspirant pour d’autres pays d’Asie centrale et du monde. La mise en place d’un cadre légal solide, l’accès à l’éducation et l’entrepreneuriat, ainsi que la lutte contre les violences sont des éléments clés d’une transformation réussie. Reste à voir comment cette dynamique pourra se pérenniser et s’étendre dans les années à venir.

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Des témoignages inspirants sur l’évolution des droits des femmes en Ouzbékistan

« J’ai toujours rêvé d’être entrepreneur, mais les barrières étaient nombreuses. Grâce aux réformes récentes, j’ai pu obtenir un prêt de 10 000 euros pour lancer mon entreprise de textile. Aujourd’hui, Artatex LLC exporte nos créations vers plusieurs pays, et je suis fière d’être à la tête de 50 femmes.» – Nargiza Bekmuratova, fondatrice d’Artatex LLC.

« Cette grande avancée législative en matière d’égalité des genres m’a permis d’accéder à une formation en conduite de tramway. C’est un secteur dans lequel on m’avait toujours dit que je n’avais pas ma place. Je conduis prudemment et interagis facilement avec les passagers. Je suis ravie de prouver que nous aussi, nous pouvons briser les stéréotypes.» – Aylin Sharipova, conductrice de tramway à Samarcande.

« En tant que mère de quatre enfants, j’ai dû faire des sacrifices pour poursuivre mes études. Grâce aux nouvelles dispositions qui doublent le nombre de places pour les femmes issues de familles à faible revenu, j’ai pu enfin réaliser ce rêve. Aujourd’hui, je suis assistante de recherche et je souhaite inspirer d’autres femmes à suivre ce chemin.» – Muqaddas Sodikova, étudiante et entrepreneuse.

« Je suis chanceuse d’avoir accès à des refuges et à un soutien en cas de violence. Cela ne doit pas être un rêve pour toutes les femmes. Même si des progrès ont été réalisés, le combat contre les violences basées sur le genre est loin d’être gagné. Nous devons continuer à nous battre pour nos droits et ceux des autres.» – Farida Karimbekova, survivante de violences domestiques.

« Avec l’appui de la BRB Bank, j’ai pu démarrer mon entreprise avec un prêt à des conditions favorables. Cela m’a donné le courage d’investir dans un secteur traditionnellement masculin. Nous avons besoin de plus de soutien pour les femmes entrepreneurs pour générer un changement durable.» – Zulfiya Saburova, directrice adjointe de la BRB Bank.

« Je vois enfin des femmes dans des rôles de direction au sein d’organisations publiques. C’est une révolution en soi. Les jeunes générations doivent voir des modèles féminins pour croire qu’elles peuvent aussi atteindre de tels sommets.» – Shirin Djuraeva, responsable d’une organisation non gouvernementale.

« Les lois sont importantes, mais ce qui compte encore plus, c’est la volonté de la société à accueillir ces changements. J’espère que nous pourrons continuer à avancer et à créer un environnement où chaque femme se sente valorisée et respectée.» – Akiko Fujii, représentante résidente du PNUD.

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