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EN BREF
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Monorom Tchaw, une Franco-Cambodgienne de 36 ans, a fondé Leng Dei, une entreprise sociale visant à reconnecter les habitants de Phnom Penh avec la terre. Son parcours l’a amenée à traverser la France, l’Inde et la campagne cambodgienne, avant de s’engager dans des projets agricoles et sociaux. Leng Dei, qui signifie « jouer avec la terre » en khmer, propose des jardins comestibles pédagogiques et des kits de compostage, tout en mettant l’accent sur l’écologie et la biodiversité. Monorom adopte une approche exploratoire et ludique, incitant les gens à apprendre et à expérimenter sans pression, dans le but de former une communauté engagée autour de ces enjeux écologiques.
Monorom Tchaw est une exploratrice de la vie, animée par une passion inébranlable pour la terre et l’éducation. À travers son initiative sociale, Leng Dei, elle cherche à reconnecter les communautés urbaines cambodgiennes avec la nature à travers des jardins comestibles et des ateliers éducatifs. Son parcours, qui l’a menée de la France au Cambodge en passant par l’Inde, témoigne de sa soif d’apprendre et d’expérimenter. Cet article plonge dans son univers, où le jeu et la terre deviennent des vecteurs d’apprentissage et de transformation sociale.
Un voyage personnel et professionnel
Originaire de France, Monorom Tchaw a grandi dans une famille cambodgienne, vivant entre deux cultures. En 2015, elle arrive au Cambodge, initialement pour une brève période, mais décide rapidement de s’y établir. Cette aventure marque le début d’un parcours où l’exploration de ses racines et l’apprentissage de la langue khmère s’imposent comme des défis majeurs. Elle reconnait que comprendre une culture prend du temps, même avec une double nationalité.
Un parcours académique atypique
Le parcours académique de Monorom ne la destinait pas à l’agriculture. Titulaire d’un master en management, elle s’intéresse d’abord à la microfinance, découvrant cette discipline lors d’un stage en Inde. L’inspiration de Muhammad Yunus et de la Grameen Bank l’influence profondément, lui faisant envisager une carrière dans ce domaine. Cependant, son attrait pour les questions agricoles et l’interaction humaine avec la terre la mènera vers une nouvelle direction.
Le projet Leng Dei
Après presque dix ans d’apprentissages, Monorom Tchaw fonde Leng Dei, un projet ambitieux qui positionne la terre comme un élément central de l’éducation. Cela a commencé par un espace spécialisé à Phnom Penh, où les jardins comestibles et les ateliers éducatifs se rejoignent pour créer un environnement d’apprentissage ludique.
Un lieu dédié à l’apprentissage
Le terrain de Leng Dei est un jardin luxuriant, agrémenté d’arbres fruitiers, de bacs à compost et d’une maison sur pilotis. C’est ici qu’elle a choisi de développer son projet, transformer un espace délaissé en un lieu de vie, éducation et connectivité avec la nature. Chaque activité et chaque atelier vise à enseigner l’importance de la biodiversité et à promouvoir une écologie responsable, où chaque individu peut apprendre à interagir avec son environnement.
Les ateliers et l’éducation formatrice
Leng Dei s’est rapidement orienté vers l’organisation d’ateliers accessibles à tous. Ces sessions sont conçues pour aborder des thématiques variées, de l’agriculture urbaine à la sensibilisation aux enjeux de genre. Par exemple, certains ateliers se penchent sur le harcèlement sexuel et visent à établir un dialogue ouvert au sein des communautés, en utilisant le jardin comme point de départ pour des discussions complexes.
Créer des espaces immersifs
Le projet de Monorom ambitionne de créer des jardins comestibles pédagogiques dans des établissements scolaires à travers le Cambodge. Son objectif est ambitieux : installer mille jardins d’ici 2040. Cela ne consiste pas seulement à planter des arbres et des légumes, mais à entamer un processus éducatif où les enfants apprennent par l’expérience, en s’immergeant dans la terre et la nature.
Une approche ludique
Au cœur de la philosophie de Leng Dei se trouve l’idée que l’apprentissage doit être un jeu, une exploration active plutôt qu’une simple transmission de savoirs. Monorom aborde chaque interaction comme un moment d’expérimentation et d’engagement, encourageant chaque participant à découvrir par lui-même les merveilles de la nature. Elle affirme fermement : « Nous explorons, nous expérimentons. »
L’importance du compostage
Dans le cadre de son projet, Monorom a introduit des kits de compostage domestique, ciblant les foyers désireux de participer à une pratique plus durable. Le succès de ces kits, avec plus de 500 unités vendues, met en lumière l’intérêt croissant pour les pratiques écologiques à domicile. Ces initiatives font partie intégrante de l’éducation, car elles sensibilisent les gens à la manière dont leurs actions quotidiennes peuvent avoir un impact environnemental.
Construire une communauté d’apprenants
Le troisième axe stratégique de Leng Dei est de constituer une communauté d’apprenants. Monorom collabore avec des experts du domaine, comme Laura François, pour développer des approches collaboratives qui nourrissent l’apprentissage collectif. Cette dimension de partenariat favorise l’émergence de nouvelles idées et méthodes d’enseignement qui sont ancrées dans la réalité locale tout en étant innovantes.
Des échanges de savoir
Les collaborations permettent également à Leng Dei d’assurer un échange de savoir entre différentes générations et cultures. En invitant des intervenants issus de différents horizons, Monorom enrichit le programme éducatif régional, ce qui permet de développer une vision plus large et inclusive de l’écologie et de l’agriculture. Les échanges d’idées et de pratiques créent ainsi un espace où tous, élèves et encadrants, peuvent apprendre les uns des autres.
Un avenir prometteur
Le projet Leng Dei présente des perspectives d’avenir radieuses. Monorom Tchaw a une vision claire et ambitieuse, mais elle reste consciente que chaque pas est un processus en cours. En proposant des ateliers diversifiés, des jardins comestibles dans les écoles et en intégrant des outils pratiques pour tous, elle construit une culture d’apprentissage qui durera bien au-delà de sa propre personne.
Des aspirations concrètes
Les aspirations de Monorom sont concrètes : créer un réseau éducatif solide au Cambodge, où chaque individu pourra profiter des bénéfices d’une interaction positive avec la terre et la biodiversité. En allant au-delà des simples pratiques agricoles, elle cherche à enrichir la vie des Cambodgiens d’une manière qui inclut moralité, écologie et société.
Conclusion et réflexions finales
Monorom Tchaw incarne une nouvelle génération de leaders sociaux qui transforment non seulement leur espace de vie, mais aussi les mentalités. Grâce à Leng Dei, elle montre que le retour à la terre est possible à travers l’éducation, le jeu et l’exploration, favorisant un avenir durable où l’harmonie entre l’humain et la nature est une priorité.

Témoignages sur Monorom Tchaw : Explorer la vie à travers le jeu et la terre
Monorom Tchaw est une véritable source d’inspiration pour tous ceux qui croisent son chemin. Son projet, Leng Dei, illustre parfaitement sa passion pour la nature et l’écologie. Les participants aux ateliers de jardinage témoignent souvent d’une transformation personnelle profonde. « Travailler avec la terre m’a appris à me reconnecter à mes racines et à comprendre la biodiversité qui nous entoure », déclare une participante enthousiaste.
D’autres soulignent l’approche unique de Monorom : « Elle ne nous dit pas quoi faire ; elle nous invite à explorer et à expérimenter. C’est comme un jeu, et j’adore cela ! » raconte un jeune éducateur qui a assisté aux sessions pratiques. L’idée de jouer avec la terre, plutôt que de suivre des règles strictes, permet à chacun de s’engager de manière ludique et créative.
Les enseignants qui ont bénéficié des programmes de formation saluent l’impact de ces sessions sur leurs pratiques pédagogiques. « Les outils pratiques qu’elle propose, comme le kit de compostage, m’ont aidé à intégrer des notions d’écologie dans ma classe. J’ai découvert que l’apprentissage peut être amusement et concret », explique une enseignante, ravie de pouvoir utiliser ces techniques avec ses élèves.
Le jardin comestible est devenu un véritable laboratoire d’idées, où l’échange et le partage de connaissances sont encouragés. « Chaque visite au jardin est une nouvelle aventure », partage un jeune participant. « Monorom nous montre comment la terre peut nous enseigner des leçons précieuses sur la vie et les interdépendances entre les êtres vivants. »
La vision de Monorom Tchaw est claire : créer une communauté d’apprenants, toutes générations confondues, qui s’intéressent à la terre et à son fonctionnement. « Son approche est rafraîchissante ; elle me motive à continuer d’apprendre et à poser des questions sur ce qui m’entoure », conclut un participant en quête de sens.


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